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VOYAGE À TRAVERS LE CINÉMA FRANÇAIS

PROPOSITION / Autres 199 0 30-03-2021, 21:10

Avis de jean sur VOYAGE À TRAVERS LE CINÉMA FRANÇAIS :

Bertrand Tavernier grand spécialiste français du cinéma américain qu'il a commenté dans différents ouvrages de référence et analysé dans nombres de bonus DVD, notamment de westerns, aurait pu offrir aux nombreux fans de son érudition, un voyage dans le cinéma américain. Mais son ami Martin Scorsese ayant déjà fait le travail pour les cinémas américains et italiens ainsi que Stephen Frears pour le cinéma anglais, il s'est sans doute dit que sans lui le cinéma français ne serait peut-être jamais mis à l'honneur sous cette forme. L'ouvrage était donc très attendu. La faconde de l'ancien critique de Positif, son sens du détail et sa connaissance encyclopédique promettaient un voyage enchanteur sur plus de 40 ans d'un cinéma national désormais un peu oublié quand on sait que trop souvent aujourd'hui la cinéphilie se limite à la décennie écoulée quand elle ne se résume pas aux deux dernières années. Sur plus de trois heures, l'occasion lui était donc donnée de balayer l'ensemble de la production de la période choisie tout en la resituant dans son contexte social et historique. Bertrand Tavernier a choisi une autre approche dont on a senti tout de suite les limites quand la première demi-heure a été consacrée à Jacques Becker et la deuxième à Jean Renoir, deux cinéastes certes très importants mais qui par la place qu'il occupent ici passent sous le tapis Gance , Grémillon, Duvivier, Allégret , L'herbier, Pagnol, Clouzot, Guitry, Autant-Lara , Bresson, Lautner , Resnais, Verneuil, Lelouch, Clément, De Broca, Malle , Granier-Deferre ou même Deray et Enrico. Un hommage appuyé et mérité à Gabin qui régna en maitre sur la période était indispensable et Tavernier ne l'a pas oublié même si l'on sait la place majeure qu'occupe le rôle du réalisateur dans l'esprit de l'ancien de "Positif". Ce sera donc le seul chapitre consacré à un acteur dans ce voyage. Après l'injustement oublié Edmond T Gréville que Bertrand Tavernier tient à réhabiliter à travers un témoignage émouvant, ce sont Jean-Pierre Melville et Claude Sautet qui occupent la dernière heure. Tavernier les a bien connus tous les deux en qualité d'assistant pour l'un et d'ami pour l'autre. Le choix narratif revient certes à l'auteur souverain mais celui effectué par Tavernier ne donne pas à ce travail méritoire, le côté lyrique et magique qu'avait su conférer Martin Scorsese à ses deux voyages, prenant le parti de nous livrer ses impressions telles qu'il les avaient ressenties enfant, adolescent, jeune adulte puis réalisateur accompli. Sensitif au possible, Scorsese faisait la part belle aux acteurs et actrices qui inondaient l'écran de leur présence magnétique en ces années où les effets spéciaux n'avaient pas encore pris le pouvoir. Bertrand Tavernier après avoir laissé entrevoir vouloir prendre le même chemin avec la narration de ses souvenirs d'enfant de l'après-guerre n'est pas parvenu pas à se défaire de ses oripeaux de réalisateur et se livre à des analyses de mise en scène certes instructives mais qui ne font définitivement pas rêver. En dépit de l'admiration qu'on lui porte, on reste donc un peu sur notre faim au bout de trois heures. Mais comme s'il était conscient de la frustration possible que pouvaient générer ses choix, Tavernier nous annonce qu'une version télévisée prévue pour 2017 aura un plus large spectre. On est rassuré. On ne sera malgré tout pas trop sévère avec ce grand connaisseur qui nous délecte depuis des années de ses merveilleux livres et de ses anecdotes et analyses enfiévrées sur les films méconnus du patrimoine hollywoodien. Si le cœur lui en dit, en hommage à Jean Gabin qu'il avoue vénérer, il pourrait se lancer dans une fiction sur la vie du grand acteur, en contactant Kenneth Branagh dont la ressemblance avec le Gabin des années 40 est sidérante. Une ressemblance aussi bien physique que dans les mouvements que tous ceux qui ont vu la série "Wallander" ont pu constater. Une association de ces deux grands talents dans une évocation de cette carrière hors norme et intègre (à l'image de celles des deux hommes précités) aurait assurément de l'allure. On ne retrouvera pas de sitôt un si grand acteur capable d'incarner de manière crédible le môme de Merviel qui tiendra plus tard dans ses bras la grande Marlène.

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